Appel à contributions : Matrix 6(1) - Le genre, les sexualitées et la matriculture

2026-06-02
Volume 6, Numéro 1 (printemps 2027)

Date limite de soumission des résumés : lundi 29 juin 2026

 

Thème : Le genre, la sexualité et la matriculture (Appel ouvert)

 

Au sens large, la matriculture est un cadre culturel geertzien de symboles et de significations relatifs aux femmes, aux mères et au féminin. Ce système symbolique (cette matriculture) crée un « langage » partagé, pour ainsi dire, permettant de décrire, d’interpréter et de refléter la réalité sociale – un modèle de la réalité – ainsi que de prescrire et de façonner les comportements sociaux – un modèle pour la réalité. Ce système/cadre se construit de multiples façons selon les cultures, tout comme, selon Judith Butler, les cadres culturels relatifs au genre et aux sexualités diffèrent d’une culture à l’autre.

Dans ce contexte, la relation entre le genre, la sexualité et la matriculture devient primordiale, notamment dans les contextes culturels où l'on observe à la fois une reconnaissance croissante de la fluidité de genre, du transgenre, des identités de genre multiples et des sexualités non binaires, et une tentative de répression de ces mêmes phénomènes.

  • Dans la mesure où les normes de genre hétérosexuelles produisent des idéaux inapproximables, on peut dire que l'hétérosexualité opère par la production régulée de versions hyperboliques de « l'homme » et de « la femme ». Il s'agit, pour la plupart, de performances obligatoires, que personne ne choisit, mais auxquelles chacun est contraint de se soumettre. J'écris « contraint de se soumettre » parce que le caractère obligatoire de ces normes ne les rend pas toujours efficaces. Ces normes sont constamment confrontées à leur propre inefficacité ; d'où l'effort anxieux et répété pour asseoir et étendre leur emprise.

                                                                                                                 — Judith Butler, Bodies That Matter, p. 257

Notre prochain numéro de Matrix se propose d'explorer la relation entre ces systèmes culturels geertziens : le genre, la sexualité, et la matriculture. Nous voulons mieux comprendre comment le genre et la sexualité s'inscrivent dans la structure matriculturelle d'une société (quelle qu'elle soit). Le cadre culturel relatif au genre et à la sexualité est-il subordonné ou dominant par rapport au cadre culturel relatif aux femmes, aux mères et au féminin ? Autrement dit, la féminité est-elle construite par les comportements sexuels et l'identité de genre, ou bien l'identité de genre et la sexualité sont-elles construites par les symboles et les significations associés à la femme et à la mère ? On aimerait explorer ces questions, entre autres.

Nous sommes ouverts à un débat large et diversifié dans ce numéro. Les auteurs sont invitées à explorer les symboles et les significations liés aux femmes, aux mères et au féminin dans une société et la manière dont ces symboles et significations façonnent les comportements sexuels et les identités de genre – et inversement. Nous encourageons également les discussions sur la forme des identités de genre et des comportements sexuels acceptés dans les sociétés avec une matriculture ouvertes, où les femmes ont accès à toute la gamme de l'expression humaine, ainsi que les comparaisons avec les études menées dans les sociétés avec une matriculture fermées, où les opportunités sociales des femmes sont largement limitées à leurs responsabilités reproductives et domestiques.

Dans ces sociétés avec une matriculture fermées, par exemple, les femmes défendent-elles les identités de genre fondées sur la biologie avec autant de vigueur que dans de nombreuses sociétés patriarcales ? Existe-t-il une corrélation entre une société avec une matriculture ouverte et l’acceptation de la fluidité de genre, des personnes transgenres, des identités de genre multiples et des sexualités non binaires, ou inversement : existe-t-il une corrélation entre une société avec une matriculture fermée et le déni de la fluidité de genre, des personnes transgenres, des identités de genre multiples et le rejet des sexualités non binaires, où le rôle de femme est réservé aux personnes biologiquement de sexe féminin ?

Veuillez noter que nous ne définissons pas les termes tels que genre ou sexualité ; nous définissons toutefois le terme matriculture et demandons aux auteurs de définir le genre et la sexualité lorsqu’ils utilisent ces termes.

Nous encourageons fortement les créations artistiques de tous supports et les réflexions personnelles sur ce thème. Voici quelques pistes de recherche possibles, mais laissez aller votre imagination !

  • Quelles sont les différences entre les rôles sexuels et les identités de genre au sein d’une communauté ? Par exemple, quel était le statut et le rôle de l'homme vivant en tant que femme dans les cultures autochtones des Prairies ou les femes vivant en tant qu'homme dans le nord du Ghana ?

  • Comment le genre, la sexualité et la matriculture sont-ils construits dans les cultures où la langue est non genrée ? Existe-t-il une corrélation entre les langues genrées et les matricultures fermées ?

  • Qu'est-ce que la « féminité » dans les cultures qui accueillent les personnes 2ELGBTQI+ ?

  • Comment la sexualité est-elle utilisée dans les matricultures ? Par exemple, les femmes du Nigéria qui exposaient leur vulve pour humilier les hommes.

  • Quel est le lien entre l'identité de genre et les mutilations génitales féminines ?

  • Comment analyser le genre et la sexualité d'un point de vue matriculturelle?

Soumission par courriel : Veuillez soumettre un résumé de 200 mots (maximum) et une biographie de 50 mots à Linnéa Rowlatt, rédactrice en chef, à lrowlatt@networkonculture.ca, ou au comité de rédaction de Matrix : Un revue d'études matriculturelles à info@networkonculture.ca, en indiquant « Soumission de résumé Matrix 6:1 » dans l’objet du courriel.

Date limite de soumission des résumés : lundi 29 juin 2026.